Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

Recueil

3, le chat, chapitre II

"Je me demande parfois d'où vient cette entité étrange que j'appelle le Fauve. Il a démontré à plusieurs reprises qu'il pouvait prendre possession des êtres humains à sa guise et, selon ses dires, il a ainsi voyagé d'être en être depuis la nuit des temps tel une sorte de Dieu incarné, d'Avatar malfaisant. Pourtant j'ai l'impression étrange que son existence à un rapport avec moi car je n'ai jamais véritablement ressenti d'invasion de sa part : il n'a pas pris possession de mon corps du jour au lendemain, il n'est pas apparu soudainement, il était simplement là. Et d'aussi loin que je me souvienne il avait toujours été là, quelque part, comme s'il avait grandit avec moi."
Vlad Wesley

Quelques jours à peine après sa rencontre avec Axel et son écharpe, Linda se retrouvait sur la route en direction du manoir de son grand-père.

Richard Catherine et elle n'étaient pas particulièrement liés mais cette convocation et ce qu'elle sous-entendait l'avait incité à faire au plus vite pour se libérer de ses obligations. Car Richard était une célébrité, un élément à part entière du patrimoine familial au même titre que la recette secrète de la tarte Catherine ou que le chat stylisé.

Il y avait toujours eu au sein de la famille un homme ou une femme qui possédait un talent particulier, un don très marqué. On comptait ainsi au sein de l'arbre généalogique des inventeurs, des aventuriers, des généraux ou bien encore des acteurs. La tradition voulait que cette personne soit la garante de la survie et de la prospérité des Catherine et un grand banquet était organisé en son honneur.
Et, de fait, au cours des siècles la fortune des Catherine avait toujours été remarquable.

Bien sûr Linda soupçonnait que les origines nobles de ses ancêtres y était surement pour beaucoup et que ses descendants avaient surtout eu le bon sens d'investir au lieu de tout dilapider en frivolité.
Mais la tradition n'en restait pas moins amusante et avait le mérite de réunir au moins de temps en temps les très nombreux, et souvent très éloignés, membres de la famille.

Depuis bien avant la naissance de Linda, c'était donc à Richard Catherine qu'était revenu cette responsabilité. Ses talents exceptionnels pour la finance étaient reconnus de tous et il était l'une des rares personne à pouvoir prétendre comprendre et même la plupart du temps anticiper les fluctuations des marchés boursiers. Même si les chiffres exacts demeuraient cachés, on racontait bien souvent que, sous son "règne", le patrimoine familial n'avait jamais été aussi important.
Petite, il était arrivé à Linda d'entendre son grand-père expliquer avec force détails incompréhensibles qu'il n'y avait rien de sorcier là dedans. Mais son public, composé pourtant des férus économistes de la famille, avait manifestement beaucoup de mal à le suivre.

Apprendre que la santé de l'homme n'était plus très bonne, et qu'il envisageait sa succession, semblait inconcevable.
C'est donc avec la certitude que son grand-père allait annoncer à tous que, finalement, ce n'était qu'un souci passager et que le week-end se poursuivrait par un grand repas de famille que Linda arriva enfin au manoir.

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