Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

Recueil

Le Fauve : Prologue

Voici donc le début de cette très certainement longue histoire, en espérant qu'elle vous plaira, que je serais littérairement à la hauteur et que j'arriverais à conserver des lecteurs jusqu'à sa fin. ;)

La poussière s'accumule sur des livres de tous âges. Un recueil de fables pour enfants côtoie un épais compte-rendu historique et un non moins fourni dictionnaire de locutions latines. Pas un souffle ne vient perturber leur condition.

Ici et là, des traces attestent du déplacement de certains ouvrages : Un soudain éclat de cuir au milieu d'une rangée de grisaille, un alignement imparfait au milieu d'une autre et, là bas, tout au fond, un emplacement vide.

Le livre manquant est posé un peu plus loin, sur un bureau, et une main le parcourt calmement.

Car Vlad Wesley n'est pas homme à s'emporter, même lorsqu'il se retrouve seul dans son étude. Une longue confrontation avec les plus sombres recoins de son inconscient lui a permis de forger tout au long de sa vie une armure émotionnelle implacable. S'il sait pertinemment au fond de lui comment tout cela finira, il entend bien apporter à sa lecture la même rigueur qu'il s'impose depuis toujours, source de son statut actuel, et accessoirement de sa fortune.

Sa main s'immobilise, au milieu des calligraphies minuscules, sur un nom.

"Kannto", laisse-t-il échapper d'une voix emprunte de curiosité. Puis semblant s'adresser à sa propre main : "Laisse-moi voir...hum, caballarius... reatus... rebellatrix. Oui je vois ce qui t'attire chez lui. Et chez elle aussi bien sûr..."

Un engourdissement dans la jambe interrompt sa lecture. Abandonnant son livre, Vlad se lève et fait quelques pas pour raviver la circulation sanguine dans ses membres.

"Inutile d'être désagréable, rappelle-t-il à son interlocuteur invisible tout en arpentant la pièce, nous nous connaissons trop bien. Et puis tu n'auras bientôt plus à me supporter. Ni l'inverse. Laisse-moi donc t'offrir un cigare"

Sur ces mots, Vlad se dirige vers une petite table située près de l'entrée sur laquelle repose une carafe d'eau, un cendrier et une boite ouvragée aux motifs celtiques.

Il passe doucement la paume de sa main sur cette dernière, reconstruisant mentalement l'ensemble du motif à partir de ces sensations.

Soudain, une violente douleur se déclare dans sa poitrine telle une dague plantée brutalement dans son coeur. Portant les mains vers celui-ci, Vlad perd l'équilibre et s'écroule sur le sol.

"Salopard", parvient-il à s'exclamer avant de s'immobiliser, un sourire aux lèvres, au pied de la table.

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