Je vous vois tous là, dans un immense bain de foule dont je connaitrais chacune des gouttes. L'enfant luttant pour son innocence, l'à peine vieillard déjà si fatigué, les chercheurs de bonheur, de paix, d'amour, de sens. Mélangés en d'infinies trajectoires, s'éloignant, se rapprochant, se croisant, s'ignorant.
Et dans cette marée humaine une convergence sur laquelle je me tiens. En suis-je le créateur ou bien un simple agent de l'entropie, peu importe. C'est là que je me tiens et que j'aime me tenir.
Je regarde le monde, je regarde les gens. Je savoure leur vies qui occupent le même espace-temps que la mienne, qui peuplent mon incurable solitude.
Je n'ai pas besoin de les altérer pour exister, mais j'ai besoin qu'elles existent pour être qui je suis.
Je vous regarde car vos vies font la mienne. Parce que vous êtes le contre-point nécessaire à mon isolement. Parce que mon équilibre, par essence précaire, ne peut exister autrement.
Alors je rouvre les yeux et ne reste que la lueur blafarde des écrans au milieu de la nuit.
Je me réjouis du silence car le bruit m'irrite, je me réjouis de l'absence car la sociabilisation m'épuise, je me réjouis de la solitude car l'empathie est une souffrance, je me réjouis de la distance car le physique peut trahir.
Et pourtant je me rêve dans cette immense pièce car vous me manquez.
Vous me manquez tellement.
Que la paix soit avec vous.
Une main sur le clavier, l'autre sur la souris. Le regard dans le vague. Au delà des écrans qui me font face, parcourant les filaments numériques et invisibles de cette toile qui nous lie. Qui part de moi jusqu'à vous, en passant par tous les autres.
1 De KannTo
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Pour avoir lu l'intégralité de ton blog, je mets ce billet dans mon top 10, sans hésitation.
2 De Khaos Farbauti Ibn Oblivion
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A ce point ? Merci beaucoup en tout cas !