Tout le bonheur du monde 2.0

Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

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In memoriam

khaos_circle.jpgEn fouillant des mes cartons j'ai retrouvé le texte d'un petit garçon qui n'est plus aujourd'hui.

En souvenir de ce petit garçon, j'ai décidé de publier ce qu'il avait écrit.
Je pense qu'il aurait aimé ça.

"Ce que je vais raconter maintenant n'intéressera personne. C'est une histoire qui pourra paraître théâtrale, gonflée de détails retentissants. Il n'en ai malheureusement rien et si l'on pourrait croire à un conte c'est juste que l'un de mes rares talents est de savoir écrire.
Ceci est l'histoire d'un mort. C'est mon histoire.

J'avais cinq ans lorsque je suis mort, je m'en souviens assez bien. J'étais sur le seuil de ma maison et le chien qui se trouvait non loin de là s'est jeté sur moi et m'a mangé le crâne. C'est tout.
C'était fait, j'étais mort.

Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Ce n'est que plus tard que cela est devenu évident.

J'ai vécu seul : pas de véritables amis, pas de petite amie, aucun compagnon de voyage. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela n'a rien de dur d'être seul. C'est une sorte de liberté : on peut faire tout ce que l'on veut sans risquer de froisser qui que ce soit. De plus cela permet de mûrir beaucoup plus vite et plus complètement.

Pourtant je n'ai pas choisi d'être seul. Mais quand on est mort, on possède une faculté spéciale : être oublié. J'ai souvent fait cette expérience. Il suffit par exemple de s'en aller d'une table où se déroule une discussion et de s'installer ailleurs. Il est aussitôt remarquable qu'il ne se passe rien : la discussion se poursuivra et ce n'est que quelques heures plus tard que l'on notera l'absence de quelqu'un sans pour autant pouvoir déterminer qui et sans que l'on y prête attention plus d'une minute.

Depuis, il n'y a rien qui ai vraiment changé. J'ai bien essayé de revivre mais il n'existe pas une mémoire qui veuille garder un souvenir de moi.

C'est dommage. Et, en fait, bien peu de personnes se souviennent de qui que ce soit. J'ai vu beaucoup de gens pleurer la mort d'êtres chères, aussi bien des humains que des animaux, et l'oublier par la suite. Il aurait suffit qu'ils comprennent l'esprit de leur compagnon pour que celui-ci puisse avoir une place où vivre après la mort.

Voilà. Je pense avoir tout dit. J'aurais aimé que cela soit lu. Mais c'est une pensée prétentieuse que de croire que cela intéressera quelqu'un. J'aurais voulu revivre. Mais c'est orgueil que croire que quelqu'un pense à moi. J'aurais aimé aimer. Mais les morts ne le peuvent pas.

De toute façon, ce que je viens d'écrire sera sans doute déchiré,
Car même cette main qui m'a servie, m'a déjà oubliée."

Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Auteur: Khaos Farbauti Ibn Oblivion

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