Tout le bonheur du monde 2.0

Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

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Je me souviens de la paix

touch.jpgJ'ai débuté ma vie en tant que fils d'institutrice mais aussi en tant que fils de maître-nageur.

Parmi les privilèges de cette insigne position, il y avait bien sûr l'accès illimité à la piscine municipale (modèle "piscine caneton" pour les plus férus d'architecture d'entre vous).

Et s'il y a d'un avantage dont j'ai usé et abusé c'est bien celui-là.

En effet durant ma prime jeunesse, avant que la scolarité ne me rattrape (ou bien que je l’attrape au vol tel un boulet me ralentissant, je n'ai jamais vraiment bien su), je passais mes journées et mes semaines dans les locaux personnels du maître, mon père.

Je me souviens qu'il y avait là d'immenses caisses de bois, contenant divers articles aquatiques (bouées, planches, tubas, ...) avec lesquelles je tentais avec une grande réussite (du moins de mon point de vue innocent) de reproduire les scènes mythiques de l'agence tous risques en mode pimp my ride de guerre sur un malheureux véhicule de passage.

Mais si, vous savez, lorsque Barracuda avec trois tôles ondulés et deux écrous, transformait la voiture-poubelle de la demoiselle en détresse en char d'assaut "bombe nucléaire"-proof. MacGyver pouvait aller se rhabiller.

Et surtout il y avait le passage secret. Celui qui se trouvait derrière les caisses et qui était si étroit qu'il restreignait l'accès aux seuls personnes dont l'esprit était assez ouvert pour en appréhender la magie.

Derrière ce passage, il y avait une grande pièce, d'environ trois mètres carrés (une immensité pour l'enfant que j'étais) au milieu de laquelle coulait une douche.

Oh bien sûr, il était également possible de rentrer dans cette pièce par une banale porte. Mais c'est en passant par l'entrée secrète que l'on rentrait VRAIMENT dans la VRAIE pièce. Par la porte vous n'accédiez qu'à une pâle copie sans âme, pour donner le change aux adultes.

C'était donc après avoir rampé dans le tunnel que l'on accédait à l'immensité de la pièce et à sa douche.

Celle-ci provenait d'un point indéterminé et inaccessible du plafond, qui aurait pu tout aussi bien être quelque part dans l'espace lointain pour ce que cela changeait à mon âge.

La douche n'avait pas de pommeau, c'était donc un jet d'eau unique et volontaire qui tombait au milieu de la pièce, en un clapotis bruyant et joyeux. Ce fameux "bruit blanc" qui aujourd'hui encore me plonge dans une méditation profonde dès que j'entends un son approchant.

L'eau était chaude bien sûr, mais juste ce qu'il faut.

La sensation qui se dégageait de cette pièce était un peu semblable à celle d'un feu de camp. Vous aviez ce point central clapotant qui diffusait la chaleur autour de lui et on pouvait en approcher les mains pour se réchauffer. Mais c'était encore mieux, car ce feu là n'était que bienfaisance : il n'était pas possible de se brûler, vous pouviez plonger tout entier en son sein sans craindre le moindre mal.

Je me souviens avoir passé des moments de sérénité profonde autour de ce feu de camp liquide. Coupé du reste du monde. Suspendu entre deux instants d'une horloge qui n'avait plus d'existence.

Seul restait le clapotis de l'eau et la douce chaleur qui enveloppaient la pièce.

Je me souviens de ces éternités gravées à jamais dans mon âme.

En paix avec l'univers.

Que la paix soit avec vous.

Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Auteur: Khaos Farbauti Ibn Oblivion

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varobe (Passant) ·  26 février 2015, 18:58

:) que de poésie dans ce blog découvert par hasard! Sachez jeune homme(oui,car je suis sûre d'être plus vieille que vous

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