Il me dit qu’il y a des choses que je ne peux pas comprendre, que j’ai connu le franc donc je suis un peu vieille, mais que je suis quand même une mère sympa. Il me dit qu’il est impératif que son tee shirt à tête de mort soit propre et repassé demain, que c’est troooooop important et que le tube de gel pour ses cheveux arrive à sa fin.
Je pense à ce petit être gluant que l’on a posé sur mon ventre il y a presque 12 ans de cela. Je repense à son regard intense plongé dans le mien lorsque je le nourrissais, aux larmes de joies que j’ai versées à ses premiers pas, aux nuits blanches, à nos câlins interminables, aux doutes, à l’amour si fort que j’avais l’impression que mon cœur allait exploser.
Je lui dis à quel point je l’aime.
Puis il se tait, fixe ses mains sur le clavier, un sourire se dessine aux coins de ses lèvres. Je savoure cet instant de complicité jusqu’à ce qu’une odeur nauséabonde se répande dans la pièce et qu’il explose de rire.
Je crois que mon fils est officiellement entré dans "l'age con"
Je regarde avec admiration ses petits doigts qui courent sur le clavier, à la vitesse d’un chinois qui roule un nem dans son appartement ravioli, rien ne le perturbe, il ne regarde même pas ce qu’il écrit.