Tout le bonheur du monde 2.0

Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

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La fin d'une histoire

soulangy-manoir.jpgJe vous l'avais annoncé hier, le dénouement d'une longue (très longue) affaire familiale était sur le point d'advenir.

Bien qu'il va me falloir probablement plusieurs jours pour vraiment le réaliser, la fin tant attendue est enfin arrivée et, à défaut d'être positive, elle ne pèsera plus désormais sur mes épaules.

Pour tous les curieux, ou les scénaristes en mal d'inspiration, voici donc tous les détails de cette histoire qui, en ce qui me concerne, symbolisera à jamais le gâchis monumental que peut provoquer des egos sans cervelle.

Au nom du père, ...

L'histoire commence il y a très très longtemps (10 ans, autant dire une éternité de nos jours où il n'existe plus un homme politique capable de penser au-delà de la semaine) dans une galaxie plutôt proche (la même en fait).

Un homme, que par souci de discrétion nous appellerons Papa Khaos afin que personne ne puisse le reconnaître, se faisait une joie de profiter des plaisirs de l'entrepreneur dynamique moderne. Il avait créé sa propre boite, embauché plusieurs salariés, démarché à tours de bras et vivait le rêve américain à la française (ie. Comme Google mais avec beaucoup moins de zéros sur le chèque mensuel)

Et puis un jour cet homme décide, pour des raisons incertaines mais oscillant probablement entre un opportunisme panurgique illégal (Le monde politique étant un tellement chouette modèle à suivre) et une naïveté législative majeure, que le compte en banque de son entreprise et son compte personnel sont une seule et même chose.
Après tout, c'est SON entreprise donc SON argent... non ?

Non, bien sûr. Et en droit ça s'appelle du détournement de fonds.

Papa Khaos profite donc de cette manne financière pour vivre sa vie un cran au dessus. (Et au passage entretenir une maîtresse, mais j'y reviendrais un peu plus loin)

Durant une demi-dizaine d'années, l'argent coule à flot et tout le monde est forcément heureux car Papa Khaos croit à l'influence de l'argent sur le bonheur.
Bon finalement il y aura tout de même un petit divorce avec Maman Khaos, parce que sa maîtresse est plus douce, plus attentionnée, plus gentille, n'est probablement pas partageuse et qu'elle a des arguments. (Pro-tip : Quand vous disposez de photos compromettantes, ne laissez pas votre ordinateur à portée de votre fils informaticien.)

Papa Khaos se remariera donc en laissant derrière lui une ex-femme avec de fortes pulsions suicidaires.
Mais ça, Papa Khaos, il s'en fout : Il veut avoir le droit au bonheur, il veut avoir le droit de vivre pour lui. Bref il veut pouvoir profiter à fond de sa crise de la cinquantaine comme un vrai bourrin.
Et puis, de toute façon, il reste toujours les enfants pour éloigner les objets coupants des mains de Maman Khaos ou retirer régulièrement la corde accrochée sur une poutre du bâtiment voisin.

Tout baigne. (Et il faut au moins reconnaître que sur ce point il n'avait pas tort, Maman Khaos n'a jamais réussi à se suicider. Il y a toujours eu au moins l'un de ses enfants pour l'en empêcher. Elle mourra quelques années plus tard "simplement" d'un cœur trop affaibli par le chagrin, le stress et les angoisses.)

...du fisc, ...

Au milieu de tout ce bonheur, arrive un jour un invité inattendu : le contrôle fiscal.

Je n'ai jamais vraiment su l'origine mais je suppose qu'un employé boudeur de l'entreprise à Papa Khaos s'est dit qu'avoir autant d'argent c'était louche, surtout alors que lui-même n'en avait pas autant qu'il aurait aimé, voire qu'il était légal.

Après un rapide inventaire (l'inventaire est étrangement toujours plus rapide dans ce sens là), le fisc a sorti sa calculatrice et annoncé : Papa Khaos devait, environ (le "environ" est de moi. Le chiffre du fisc, lui, était précis au centime près) un demi-millions d'euros.

Pour les plus âgés d'entre vous, rapide conversion : environ 3 millions de francs (300 millions de francs ancien) soit un "petit" gagnant du loto.

Sauf que là, bien sûr, c'est le fisc qui gagne et la famille Khaos qui doit payer.

Entre ici en jeu un petit détail que ceux qui n'ont guère fréquenté l'administration fiscale ne connaissent peut-être pas : Le fisc transcende les constructions familiales.

Autrement dit, Papa Khaos ayant été marié à Maman Khaos au début de la fraude, ils sont tous les deux tenus au remboursement.
Et lorsque, plus tard, Maman Khaos s'éteindra après avoir longtemps, et vainement, attendu que Papa Khaos sorte la famille du merdier dans lequel il l'avait plongée, les 3 enfants Khaos (mes deux sœurs et moi-même) seront eux aussi tenus de payer l'énorme dette au même titre que Papa Khaos.

Il n'y aura bien sûr aucun recours car même s'il est possible de refuser un héritage, il est par contre totalement impossible de refuser une dette fiscale.

Pour résumer, le demi-million de dette échoue donc à Papa Khaos, Grande sœur Khaos, Petite sœur Khaos et moi. Avec la possibilité d'avoir, à tout moment, un huissier débarquant chez vous pour procéder à la saisie de... et bien de tout. (Les 4 "fortunes" cumulées n'atteignant pas le montant de la dette de toute façon)

Et n'oublions pas le cadeau bonus : A chaque année qui passe, les indemnités de retard augmentent.

...et du mauvais esprit

Lorsque Maman Khaos est partie, il y a 3 ans, chacun a reçu sa part de traumatisme et de névroses qui s'en suivent. Parmi les miennes, il y a eu un penchant compulsif pour la généalogie et le souci de maintenir coûte que coûte l'union de la famille. (sur ce point j'ai d'ailleurs lamentablement échoué même si on me dit souvent que ce n'est pas vraiment de ma faute)

J'ai donc pris sur moi de reprendre la lutte contre la dette là où elle avait été laissé (à savoir nulle part) afin que mes sœurs et moi-même n'ayons plus la menace permanente de l'huissier (qui est par ailleurs un chic type, mais avec un boulot ingrat il faut bien le reconnaître). Et aussi pour qu'il puisse rester quelque chose de l'héritage maternel.

Des longues procédures ont donc été entreprise. Elles ont permis de stopper l'accroissement permanent de la dette, puis la suppression d'une grosse part de la dette liée à des fraudes survenues après le divorce de mes parents, puis une ultime négociation directement avec les membres du fisc pour obtenir un montant "raisonnable".

De 500.000 euros, la dette tombera ainsi à environ 100.000 euros. Une victoire monumentale, surtout quand il n'est pas possible de prétendre à l'innocence : La fraude est réelle et attestée. Le fait que les enfants doivent payer pour les fraudes du père n'a absolument aucune importance aux yeux de la loi.

Arrivé à ce chiffre, impossible à diminuer de nouveau, il devenait évident qu'il n'existait qu'un seul et unique moyen pour s'en sortir : vendre la maison de Maman Khaos.

Mes lecteurs ont déjà pu voir que ladite maison n'est pas exactement une bicoque. Et sa vente permettait de couvrir non seulement la dette, mais aussi tous les frais de procédure engagés depuis. Il devait même rester un petit quelque chose à chaque enfant pour améliorer un peu le quotidien de chacun. (Petite sœur Khaos n'avait pas les moyens de louer un appartement par exemple.)

Bref, c'était enfin la sortie de crise... et c'était il y a plusieurs années.

Car il restait à contourner le plus complexe des obstacles : la connerie humaine.

Celle-ci s'incarna en Petite sœur Khaos qui, du haut de son immaturité évidente, prit sur elle d'opter systématiquement pour l'option la plus stupide qui se présentait à elle. Augmentant le gâchis phénoménal de toute cette histoire en gâchis proprement monstrueux.

Jugez plutôt :

- Lorsqu'une première proposition d'achat arriva, Petite soeurs Khaos dit non. Pourquoi ? parce qu'elle n'était pas assez élevée. Résultat, au final la maison sera vendue, quelques années plus tard, pour environ 50.000 euros de moins que cette première proposition.

- Sans doute pour apaiser ses propres névroses, elle transforma la maison familiale en une sorte de salle des fêtes géantes pour pseudo-bobos fashion (mais bon, après tout pourquoi pas), puis en véritable taudis à faire pâlir d'envie les candidats de l'émission "C'est du propre" (Il devenait impossible de rentrer dans les 3/4 des pièces).

taudis.jpg

- Là où Grande sœur Khaos et moi-même avons toujours considéré que la maison familiale était et serait toujours la maison de Maman Khaos, Petite sœur Khaos s'est régulièrement proclamée seule propriétaire (alors qu'elle ne l'était qu'à un tiers), se croyant légitime à autoriser ou interdire l'accès selon son bon vouloir. (Alors que bien évidemment, aux regards de la loi, j'ai toujours eu le droit d'aller et venir comme bon me semblait)

- Outre les dégradations régulières et le manque d'entretien, Petite sœur Khaos a également trouvé le moyen de faire disparaître des biens de valeurs grâce à un subtile sens du commerce : Une voiture a ainsi été échangé (illégalement) contre une camionnette en ruine valant moitié moins cher (et qui depuis a fini à la casse).

- Dans une bonne mentalité "après moi le déluge" Petite sœur Khaos, après m'avoir interdit de déménager des choses moi-même, a fait venir des déménageurs amateurs qui ont procédé "gratuitement" à l’enlèvement de plusieurs meubles de valeur laissant uniquement le merdier (merdier qui a ensuite du être vidé par des déménageurs payants cette fois...). Autrement dit : plutôt que de laisser les meubles dans la famille (chez moi ou Grande sœur Khaos), elle a préféré les laisser partir n'importe où... juste par mesquinerie... ?!

- Et bien sûr, d'une manière plus globale et durant l'intégralité des procédures, Petite sœur Khaos m'insultera et me manquera de respect de manière régulière et tout à fait volontaire (ainsi qu'à Grande sœur Khaos). Je serais par exemple, de manière répétée, un type qui ne court qu'après l'argent (Une évidence quand on sait que des 3 enfants je suis celui qui gagne le mieux ma vie et que l'ensemble de mon combat judiciaire n'avait pour but que de préserver quelque chose pour que mes sœurs puissent voir l'avenir plus sereinement.) et bien sûr un voleur (pour avoir osé emmené quelque étagères, une table et un lit... qui du coup sont les seuls meubles de Maman Khaos restant à ce jour dans la famille.)

Par un effort de volonté, qui me surprend encore aujourd'hui, je n'ai pas répondu. Car une hostilité ouverte de ma part n'aurait fait qu'aggraver sa mesquinerie d'adolescente contrariée déjà bien exacerbée et aurait créé encore plus de problème à tous.

Amen

Mais finalement, hier, après en avoir bavé à lutter contre l'administration, et ma propre famille, le dossier a finalement été définitivement clos.

Les papiers ont été signés, la dette réglée, l'héritage distribué.

Sur les ruines fumantes de ma famille, il ne reste pas grand chose.

Papa Khaos ne me parle plus depuis longtemps, Grande soeur Khaos va pouvoir vivre plus sereinement, Petite soeur Khaos parviendra peut-être à surmonter ses névroses et gagner en sagesse loin de la maison familiale...

...et moi je vais pouvoir passer à autre chose, apaiser les angoisses de ma femme, regarder grandir ma fille.

Et puis un jour je lui montrerais tout ce que j'ai pu sauver de la maison familiale et je lui parlerais de Maman Khaos qui aurait fait une grand-mère formidable.

Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Auteur: Khaos Farbauti Ibn Oblivion

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Izusa Lakota (Ami) ·  04 août 2011, 18:32

Malheureusement les histoires de famille et d'héritage c'est assez fréquent, on remarque bien souvent que l'argent révèle assez vite les vraies valeurs d'un être humain...
Le principal c'est que tu puisses enfin regarder devant toi sans ce spectre, Bravo et bonne nouvelle marche sans cette vilaine épine dans le pied ! ;-)

Gabrielle (Ami) ·  04 août 2011, 18:38

Une histoire pleine de rebondissements et qui heureusement voit sa fin. L'amatrice de vieilles pierres en moi grimace un peu à la mention du manoir devenu taudis et tout le reste soupire devant les complications de l'administration, les tensions et bêtises familiales (la mienne a eu son compte aussi dans un autre domaine... parfois la généalogie apporte pas mal d'emmerdes ^^).
Bon retour à une vie débarrassée de ces soucis !

Onyx (Passant) ·  04 août 2011, 18:58

Oui toutes ces histoires sont enfin fini !

Une moitié de belle famille complètement narcissique et malhonnête ! qui sera enfin banni de notre vie!
et que j'espère ne plus jamais croisé.

Notre fille sera au moins préservé de tout cela et qui ne connaîtra jamais ces gens et c'est un immense soulagement !

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