Tout le bonheur du monde 2.0

Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

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C'est long, c'est bon, c'est con

Attention.

Le texte qui suit peut ne pas être souhaitable pour les personnes de moins de 18 ans. En effet, ils pourraient apprendre des choses que leurs parents ont soigneusement tentés de leur faire ignorer.

J'en vois déjà dont le fond de la pupille s'illumine : oui, ça parle de sexe.

C'est un texte extrait du livre de Philippe Jaenada "Nefertiti dans un champ de canne à sucre"

En règle générale, il convient de respecter quelques principes élémentaires lors d'un premier accouplement entre deux personnes. Une légende veut que cela ne se passe jamais très bien. Elle n'est pas réellement fondée, mais l'homme devra cependant s'en souvenir quand viendra le moment du bilan, et en faire part à la femme d'un air dégagé si l'affaire ne s'est pas déroulée de manière satisfaisante - non pas pour la réconforter, bien entendu (car il serait mufle et honteusement maladroit de sous-entendre qu'elle n'a pas fourni une prestation correcte), mais pour se disculper si lui-même n'a pas su se montrer suffisamment efficace. C'est une soupape rassurante, mais en observant les règles suivantes, fort simples, on n'en arrivera pas là.

L'homme ne connat pas la femme. Or on sait qu'aucune ne se comporte comme une autre. Ou presque. L'une appréciera la douceur et le romantisme voluptueux, l'autre la violence et la vulgarité lubrique. C'est comme ça. Sur un hippodrome ou dans un casino, il est amusant de prendre des risques : on ne peut y perdre que de l'argent. Dans un lit avec une inconnue, c'est tentant, mais (une femme pouvant toujours servir, on ne le dira jamais assez) on joue plus gros. S'il fait exactement l'inverse de ce qu'elle aime, elle bondira hors du lit (l'impulsive) ou, dans le meilleur des cas, elle se raidira - ce qui nuira grandement au plaisir du parieur malchanceux -, attendra que ça passe et se jurera d'aller voir ailleurs au plus vite (la fataliste). C'est pourquoi il est nécessaire de se montrer diplomate et fin stratège, d'adopter la méthode de l'homme politique ou du producteur d'émission en prime time en se figurant, dans un premier temps du moins, que l'on fait l'amour à une sorte de femme moyenne, la ménagère ou plutôt la partenaire de moins de cinquante ans (ou de moins de quarante ans, voire la ménagère de moins de trente ans pour les puristes), et de faire par conséquent son possible pour plaire au plus grand nombre. Certes, l'homme s'expose ainsi à certaines critiques ("Trop tiède", "Ordinaire", "Pas assez audacieux") mais il pourra toujours se régler en cours d'exercice - c'est d'ailleurs tout l'art du technicien.

Dans un premier temps, l'homme doit se déshabiller. Par la suite, il découvrira peut-être que la femme ne refuse pas, à l'occasion, de se faire grimper dessus à la hussarde pour se donner des émotions, mais si, lors de leur première entrevue, il se contente de baisser son pantalon à mi-cuisses pour se soulager sans perte de temps inutile, elle peut mal le prendre. Lorsqu'il est nu (il est bon que la femme se soit elle-même chargée de lui ôter ses vêtements (il suffit pour cela de s'allonger habillé et de l'embrasser en lui touchant les seins : sa main descendra vers la ceinture et la braguette par automatisme), afin qu'il n'ait pas l'air, en se dévêtant lui-même devant elle, de l'ouvrier qui retrousse ses manches avant l'boulot), lorsqu'il est nu il ne doit en aucun cas avoir honte de son corps. L'être humain (et notamment la femme qu'on a réussi à guider jusqu'à son lit en deux temps, trois mouvements et quatre mots bien choisis à la sortie d'un restaurant) est influençable par nature. Si elle constate qu'il se cache, se tortille et joue de la couette comme une jeune Normande du siècle dernier le soir de ses noces, la femme n'ira pas chercher midi à minuit moins le quart. Par empathie, elle pensera : "Bon, il a un gros bide ou une petite bite, c'est bien ma chance. Enfin, puisque je suis là..." En revanche, si l'homme se montre sans complexes, assumant sa nudité comme on assume sa calvitie, une éventuelle exubérance abdominale ou carence génitale ne passera peut-être pas inaperçue mais sera considérée comme sereinement acceptée par le principal intéressé, et donc acceptable car il ne faut pas être plus royaliste que le roi.

Ensuite, il s'agit d'entamer le rapport proprement dit. L'homme ne doit escamoter les préliminaires sous aucun prétexte : c'est une tradition millénaire, on ne peut se permettre de la balayer d'un revers de main. De plus, il est de notoriété publique qu'une majorité de femmes les considèrent comme indispensables - elles ne sont peut-être pas toutes sincères dans les sondages, mais peu importe : ce qui compte dans ces étreintes initiales, c'est l'image qu'elles veulent donner, et de ce fait, peu d'entre elles oseront se plaindre. Si par hasard la femme choisie préfère réellement l'assaut viril au détriment des préliminaires (cela arrive mais il ne faut pas s'en soucier : même sur un hippodrome, on aura toujours plus de chances de gagner en jouant les favoris), l'homme commet certes une légère bourde mais elle ne portera pas à conséquence : personne ne peut s'offusquer du respect d'un usage si répandu (on peut ne pas aimer les huitres, mais il serait déplacé de fulminer d'indignation si l'on en trouve chez sa tante au réveillon de Noël).

Comme dans toute entreprise d'exploration, il est nécessaire de se montrer prudent et sobre. Ainsi, l'homme qui vient de se glisser dans le lit évitera de saisir aussitôt sa partenaire par les cheveux pour lui enfourner derechef son désir au fond de la gorge. Lui-même ne plongera pas non plus la tête entre ses jambes comme un épagneul affamé qui tombe sur cent grammes de Pal. (Bien entendu, dans certains cas, on peut ne pas tenir compte de ces deux recommandations : si la femme a ses ardeurs et se jette avidement, luette visible et frémissante, sur l'objet de sa convoitise, ou bien si elle plaque, d'un coup de reins gymnaste, sa féminité ruisselante sur la bouche entrouverte de l'homme, il serait absurde de se démener rageusement pour la repousser dans l'espoir de paraitre subtil en amour.)

Après quelques baisers savamment fougueux, l'homme caressera les seins de sa partenaire (sans pincer ni malaxer, sans effleurer non plus, mais comme on caresse la tête d'un chat - et cela va de soi, en précisant le geste (modulation de la pression, localisation de la cible) en fonction de la réponse corporelle et vocale de la femme), puis il fera glisser sa main sur le ventre, s'attardera un court instant sur l'endroit où il suppose que se trouvent grosso modo les ovaires (points assez sensibles, trop souvent ignorés car invisibles et méconnus de l'homme, celui-ci n'ayant pas tellement d'ovaires), et arrivera enfin là où il voulait en venir, entre les jambes. Ici, attention ! Délicatesse et circonspection sont de mise, car la femme, en état d'alerte maximum, est prête à sanctionner mentalement la moindre faute. Celui qui s'acharnera sur le clitoris comme s'il tentait de le faire entrer à l'intérieur du corps, ou celui qui plantera trois ou quatre doigts conquérants dans une terre certes accueillante mais peut-être pas encore suffisamment meuble, perdra sans nul doute de nombreux points. La mesure et la capacité d'adaptation sont deux éléments clés pour ouvrir la femme. Après quelques instants de flânerie attentive dans cette province au climat tropical, et dans le but de préparer une expédition future, l'homme pourra aventurer un doigt vers une région plus sombre et d'accès plus difficile, le trou du cul. Mais durant cette première incursion, il devra surveiller, avec une extrême vigilance, la tête de la femme - directement reliée aux récepteurs sensoriels de cette partie du corps. Au moindre signe de douleur ou d'agacement, il devra rebrousser chemin.

Durant toute cette manipulation, il ne cessera d'embrasser la femme. Et pas uniquement ses lèvres : ses joues, ses yeux, ses oreilles, son cou, ses épaules ou ses seins font aussi l'affaire. N'importe quel support est bon du moment qu'il occupe la bouche. Car si le visage de l'homme reste inactif, le regard dans le vide, il aura l'air du type à genoux qui fouille consciencieusement sous une commode pour récupérer un truc.

La visite terminée (lorsque les sons émis par la femme perdent en intensité), l'homme lui touchera de nouveau les seins, le ventre ou les cheveux pour lui prouver qu'il n'est pas obnubilé par sa vulve. Il en profitera pour remarquer, éventuellement, qu'elle s'est mise en devoir de flatter sa virilité (tout à son travail, il a pu ne pas s'en apercevoir tout de suite). Le cas échéant, c'est bon signe.

Par souci de galanterie, et pour ne pas donner l'impression d'imposer quoi que ce soit, c'est l'homme qui entamera les réjouissances bucco-génitales - sans trop d'appréhension car on trouve autant de femmes qui s'y opposent que de beurre en broche. Il repart donc bille en tête vers les contrées enchanteresses de la Vallée de la Joie - comme l'appelait Ronsard, grand poète malheureusement décédé. Il devra suivre avec la bouche les mêmes principes que lors du parcours manuel : ne pas se focaliser obstinément sur le clitoris, mordiller plutôt que mordre, ne pas trop chercher à frayer un chemin à sa langue avec ses doigts, au risque de ressembler à un scientifique myope, éviter si possible les bruits de bouche ou de nez, au risque de ressembler cette fois à un cochon truffier, et surtout, là encore, enregistrer la moindre réaction de la femme afin d'orienter son effort selon ses besoins. Tout cela n'est pas sorcier.

C'est ensuite qu'il faut faire preuve de tact, au moment où l'homme peut espérer la réciproque, misant sur le fair-play de sa partenaire. Il existe quelques astuces pour éviter l'incident diplomatique. La première consiste à remonter comme précédemment, en léchant le ventre, puis les seins. Tandis que la langue vaillante s'attarde sur les mamelons en émoi, l'homme pose négligemment un ou deux doigts sur la bouche de la femme, comme s'il voulait juste lui caresser tendrement les lèvres. C'est là qu'intervient le génie de Léonard de Vinci (car c'est lui qui a inventé ce test infaillible). Inconsciemment, la femme qui suce va prendre le doigt dans sa bouche. Cela peut sembler simpliste, mais c'est ainsi : si elle lèche ou, mieux, engloutit le doigt, l'homme peut se détendre. Il n'a plus qu'à changer de position pour lui présenter la chose. Si elle n'a pas touché au doigt, cela ne signifie pas pour autant qu'elle fera la fine bouche plus tard (on peut imaginer une foule de raisons : elle aime tout bonnement se faire caresser les lèvres, le doigt sent le tabac ou l'ail, elle a de nombreux plombages et craint de les exposer, etc...) Pour se faire une idée plus précise, l'homme peut alors utiliser la deuxième astuce, moins savante : tout en continuant à embrasser les seins, le cou ou la bouche de femme, il change de position - simplement, dirait-on, pour être plus confortablement installé et se consacrer tout entier au plaisir de sa partenaire, dans les meilleures conditions possibles. Il se met à genoux près d'elle, à peu près au niveau de son épaule et, penché sur elle, continue son oeuvre altruiste. La femme qui suce, lorsqu'elle aperçoit un membre disponible à quelques centimètres de sa bouche, ne peut se retenir - surtout lorsqu'on vient de la lécher courtoisement et sans arrière pensée. C'est un réflexe, elle gobe.

Si aucune de ces astuces n'a donné de résultat, il est préférable de s'en tenir là et de passer directement à l'étape suivante. En effet, il serait assez malvenu de saisir la tête de la femme et de la pousser d'autorité vers son devoir, après lui avoir si ostensiblement tendu la perche, si on peut dire. Ce serait prendre un risque inutile - celui de créer une sensation de malaise dans le couple - pour peu de chose : le meilleur reste à venir. Il est à noter que ces précisions et conseils sont plus théoriques qu'autre chose, car en pratique le problème se pose rarement : la plupart des femmes sucent.

Quoi qu'il en soit, qu'elle ait fait preuve de bonne volonté ou non, il convient à présent d'honorer sa partenaire. Il n'existe qu'une règle d'or : l'efficacité. En d'autres termes, cette règle d'or peut se décomposer en trois points : il faut réussir à "bander", comme on dit dans le jargon; il faut éviter d'éjaculer après à peine quelques secondes passées à l'intérieur de la femme; il faut enfin essayer de la faire jouir (toutefois, ce n'est pas indispensable).

Si par hasard l'homme est amené à revoir plusieurs fois la même femme, il pourra par la suite se permettre de négliger l'une ou l'autre de ces bases. On lui pardonnera aisément, sachant qu'il n'est pas coutumier du fait et que "ça arrive à tout le monde." Mais lors d'une première confrontation, il ne faut pas plaisanter avec ça. Il existe de nombreux hommes sur terre et la femme n'a pas de temps à perdre. A moins qu'elle ne soit amoureuse de lui (mais comment pourrait-elle tomber amoureuse de quelqu'un qu'elle connait si peu qu'elle n'a même pas encore couché avec lui ?), son jugement sera vite fait. (Il faut être bien indulgent ou bien bête pour retourner dans un restaurant où l'on a très peu et mal mangé - il y a beaucoup de restaurants.) Et même si elle consent à laisser une deuxième chance à l'homme (par charité chrétienne ou paresse de chercher ailleurs), celui-ci se retrouvera le dos au mur, écrasé par une pression terrible, et entrera malgré lui, le malheureux, dans la fameuse et redoutable spirale de la performance. Au lieu d'un cuisant revers, il en essuiera deux. En résumé : dès la première fois, il faut que ça fonctionne.

Pour "bander", c'est très simple : il suffit que l'homme oublie qu'il a quelque chose entre les jambes - car c'est en concentrant toute son attention sur cette plus ou moins infime partie de son corps, en exigeant d'elle, à la manière d'un matre sévère et impressionnant, un comportement de premier ordre, qu'il lui fait peur. Il faut donc penser à tout autre chose, comme par exemple au corps de la femme. L'homme ne la connaissant pas, il ne lui est pas difficile de s'y intéresser, car toute découverte peut présenter certains attraits pourvu qu'on ait l'esprit curieux. D'autre part, il ne doit en aucun cas se laisser impressionner par sa partenaire : c'est souvent l'une des principales causes de défaillance (celui qui se sent tout petit ne peut guère espérer une abrogation soudaine et miraculeuse des lois de la proportion). Même si c'est tout à fait regrettable, il doit donc se résoudre à considérer la femme qui est en train d'écarter les jambes devant lui comme une prostituée sans désir, qui n'attend rien de lui. C'est révoltant, mais l'heure n'est pas aux sentiments. Et comme, encore une fois, il ne connait pas la femme, il pourra aisément éviter les problèmes de conscience.

Lorsque la jonction des corps est faite, il ne faut pas jouir tout de suite. Ce serait encore pire que de ne pas pouvoir "bander" (car on ne peut invoquer aucune excuse). Pour passer le cap délicat des premières étreintes des muqueuses et atteindre bon an mal an le quart d'heure fixé par les conventions, il est préférable, si l'homme se sait fort émotif, qu'il ait songé à boire quelques verres avant de se lancer dans la bataille - l'alcool est certainement l'atout le plus précieux de l'expéditif. Mais s'il n'en a pas eu l'occasion, ou si deux whiskies le terrassent, il devra se défendre seul. Pour cela, il lui faudra impérativement oublier que la femme est un être capable de jouir. Car c'est par crainte de ne pas être en mesure de faire jouir sa partenaire que l'homme s'affole, perd la tête, panique, se met à vibrer, explose. De nouveau, malheureusement, il est obligé de se figurer qu'il a affaire à une sorte de créature sans me qui n'est là que pour lui donner du plaisir. (En prison, certains détenus ont mis au point un système ingénieux : lorsqu'on leur sert des pâtes dans la cellule, notamment des coquillettes ou des nouilles, ils en gardent la moitié et les fourrent, quand elles sont tièdes, dans le thermos qu'ils utilisent pour le café. Ils se fabriquent ainsi une sorte de "vaginette" des plus réalistes, parat-il, si l'on ferme les yeux. Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit de se comporter de manière inverse : fermer les yeux et se représenter la femme comme un thermos rempli de nouilles tièdes.) Avec un rien d'imagination, il lui devient donc inutile, voire incongru, de chercher à procurer un orgasme à sa partenaire : elle s'en fiche et n'attend aucune prouesse particulière de sa part. Cette pression supprimée, il ne pense plus qu'à lui et se défoule en toute quiétude. Le problème, c'est que la femme se met souvent à gémir de plus en plus bruyamment, occasionnant ainsi des interférences pénibles : il devient presque impossible à l'homme de continuer à croire qu'elle n'a pas l'intention de prendre du plaisir. Et cette fois, l'orgasme de la dame semblant tout proche, il serait vraiment dommage d'échouer si près du but. Pourvu que... Oh non.

Ce qu'il doit prendre en compte, c'est le côté facultatif de la jouissance féminine lors de ce premier contact. L'orgasme de la femme est bien moins "mécanique" que celui de l'homme, il ne suffit pas de l'astiquer un moment pour qu'elle l'atteigne par lien de cause à effet. Bien des femmes ne jouissent que lorsqu'elles sont parfaitement détendues, lorsqu'elles ne pensent à rien d'autre qu'à ce qu'elles sont en train de faire (ou à ce qu'elles pourraient faire dans le même genre avec quelqu'un d'autre), c'est-à-dire, somme toute, assez rarement. (Tandis qu'un homme, et c'est parfois dommage pour lui, peut jouir même s'il s'efforce désespérément de se représenter les fesses blanches et poilues de son coéquipier de rugby sous la douche.) On n'imagine pas le nombre de femmes qui restent deux fois sur trois à la frontière de la terre promise sans pouvoir, pour une raison ou une autre, effectuer le dernier pas. Combien d'entre elles, en plus de cette frustration, sont obligées de pousser de grands cris et de se tortiller à la façon des actrices mélo des années 20 pour ne pas froisser le brave artisan qui s'échine entre leurs jambes ? Bref, elles ont l'habitude. En outre, la première fois, elles sont plus tendues que de coutume, comme l'homme, elles pensent avant tout, elles aussi, à plaire à leur partenaire, il est donc tout à fait compréhensible que certaines ne se laissent pas aller jusqu'à l'orgasme. L'homme ne doit pas s'en inquiéter. Justement parce qu'il sait que la femme, même si elle a la bascule facile en d'autres circonstances, ne songera pas elle-même à s'en inquiéter, ni à s'en plaindre. Néanmoins, il est primordial de lui donner tout de même un peu de plaisir. C'est la moindre des choses. Pour cela, et pour une fois, l'homme va devoir penser avant tout à elle. (Ce n'est pas simple, mais l'esprit humain est capable de choses étonnantes.) Pour découvrir ce qu'elle aime, il faut se comporter avec elle comme avec un coffre fort : tourner le bouton, essayer tous les chiffres jusqu'à ce qu'on perçoive un déclic dans le stéthoscope. En l'occurrence, il s'agit par exemple de tester toutes les positions de base jusqu'à ce que la femme entre en vibration. Attention : même si l'on sent que la levrette, disons, la laisse tiède comme un thermos de nouilles, il ne faut pas imiter l'expert en coffres et passer aussitôt à la suivante. Sinon, l'acte d'amour risque de se transformer en tourbillon endiablé, en un mélange de combat de lutte et de rock acrobatique, et la pauvre femme, balancée de tous côtés, soulevée, poussée, pliée, retournée à toute vitesse, se demandera inévitablement ce qu'est en train de faire ce dangereux malade. ("Pourquoi faut-il toujours que ça tombe sur moi ?") Non, même si l'homme sent que la position choisie n'obtient qu'un vague succès d'estime, il doit s'y tenir pendant un minimum de trois minutes.

Lorsqu'il a découvert celle que sa partenaire goute le plus (elle est aisément identifiable : même si la femme n'est pas foudroyée de plaisir, elle aura à coeur d'indiquer clairement à l'homme que c'est encore ce qu'il y a de plus supportable, en secouant la tête de manière comique et en poussant de petits cris, un peu trop fort), il devra s'employer à régler la puissance et la vitesse de ses va-et-vient. Là encore, la seule méthode convenable est celle du coffre fort. Inutile de revenir là-dessus, c'est enfantin.

Ensuite, s'il veut peaufiner son travail (ce qu'on ne saurait trop lui conseiller, pour sortir de la masse), il peut s'attacher (en suivant toujours la méthode dite "du coffre-fort") aux détails, aux condiments. Les gestes accessoires, par exemple - caresser ou tirer les cheveux tandis qu'il la secoue, glisser un doigt dans la bouche ou ailleurs, taper sur les fesses, pincer les mamelons, lécher la bouche ou toucher le clitoris qui commence à se sentir bien seul (à ce propos, l'homme ne doit surtout pas hésiter, mettant sa fierté de côté, à saisir la main de la femme pendant le rapport et à la guider vers son clitoris (certaines n'osent pas le faire d'elles-mêmes) : cette main deviendra sa meilleure alliée dans la course à l'orgasme - avons-nous eu honte, Français, de faire appel aux tout-puissants Américains en 44 ?); ou bien les paroles - certaines femmes adorent que l'homme leur parle pendant qu'il les cloue au matelas, d'autres détestent. Pour les gestes comme pour les paroles, il est impératif de commencer au bas de l'échelle et de monter graduellement si l'on sent que ça accroche. Un homme qui, dès les premières poussées à l'intérieur de la femme, se mettrait à lui griffer les seins jusqu'au sang ou à grogner "Tu aimes quand ça tape au fond, hein, chienne ?", prendrait de gros risques.

Une fois que tous ces réglages sont effectués, l'homme n'a plus qu'à attendre sereinement le moment opportun (après, approximativement, un quart d'heure à une heure d'activité (pas trop longtemps non plus, car les muqueuses sont fragiles et la femme peut commencer à éprouver une sensation de détérioration)), et quand il estimera avoir suffisamment payé de sa personne, il pourra enfin donner le meilleur de lui-même. Pour conclure (mais on l'a dit des millions de fois depuis les premières copulations préhistoriques, et c'est faire injure à l'homme que de le rappeler), il est formellement déconseillé de tourner le dos à la femme dès qu'on s'est extirpé d'elle et de s'endormir. L'homme doit la serrer dans ses bras et la caresser, l'embrasser longuement, même si ce n'est pas de gaieté de coeur.

L'accouplement de deux êtres pose toujours des problèmes au début. Mais, comme on l'a vu, cet animal suprêmement intelligent qu'on appelle l'homme peut les surmonter en ne se fiant qu'à deux mots : modération et jugeotte. L'instinct, dans ces cas-là, ne donne jamais rien de bon.

Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Auteur: Khaos Farbauti Ibn Oblivion

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e-Idole (Ami) ·  27 juin 2005, 15:22

Ahah, Khaos nous poste un "Amour : mode d'emploi" :'D
En tout cas, il est très vrai (même si j'avoue avoir piqué un fou rire à 4 reprises :P Non je ne dirai pas où :) )

Vraiment sympa cet extrait !

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  27 juin 2005, 15:33

Personnellement je retiendrais cette phrase : "Néanmoins, il est primordial de lui donner tout de même un peu de plaisir. C'est la moindre des choses."

Voilà qui surprendra surement mes virils collègues de bureau.

zibouz (Passant) ·  27 juin 2005, 15:37

mais question femme ...... t'en as combien ?

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  27 juin 2005, 15:44

Qui ? moi ? combien j'ai de femmes, ou combien j'ai de collègues de bureau féminin ?

Précise un peu la question. Je rappelle tout de même en cas de doute que le texte du billet n'est pas de moi mais de Philippe Jaenada. (Ecrivain de son métier)

e-Idole (Ami) ·  27 juin 2005, 16:34

Je crois que zibouz pensait que l'auteur était Khaos en personne :o)

En tout cas P. Jaenada doit être "un bon coup".
J'ai pas le droit de dire ça, ah bon ? :P

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  27 juin 2005, 16:39

Puisqu'on est dans le graveleux, tu peux y aller je ne censurerais pas :)

Cela dit, pour moi, la "méthode" expliquée relève du bon sens le plus évident. Les types qui ne l'appliquent pas ne doivent pas être légion. (Ou alors encore trop jeunes pour être intelligents)

e-Idole (Ami) ·  27 juin 2005, 16:45

>> Les types qui ne l'appliquent pas ne doivent pas être légion. (Ou alors encore trop jeunes pour être intelligents)

Ou trop bourrés ("mais si je band...., regaaaarrrde *plof*"), ou trop machos ("viens là que j'te...") ou trop timides ("je te fais mal ? Tu dis si j'te fais mal, j'appuie pas trop fort ?..." ) ou trop clean ("je ne ferai point ceci ma mie, c'est bien trop sale") ou trop trop trop... :)

Les types qui ne l'appliquent pas, ou mal sont plus nombreux que tu le crois Khaos :)

Enfin j'vais pas faire de détails, ce blog est public :p
Ceci dit, c'est vrai, y'en a aussi qui se débrouillent bien. Je ne remets pas ça en cause :)

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  27 juin 2005, 16:49

Et bien ma foi, s'il y en a des mauvais c'est dommage pour eux (au mieux il pourront s'inspirer de ce billet)

A la limite moins il y en a de bons, plus ca arrange ceux qui savent.

e-Idole (Ami) ·  27 juin 2005, 17:00

Moui c'est vrai aussi :)

Bon Khaos, tu n'as plus qu'à trouver le même type de texte mais pour un public plus féminin cette fois :P

Cyric (Habitué) ·  27 juin 2005, 18:13

>> L'homme ne connat pas la femme.

Tant mieux. Platon a essayé de comprendre les femmes, il est devenu gay...

>> l'homme pourra aventurer un doigt vers une région plus sombre et d'accès plus difficile, le trou du cul (...) l'homme pose négligemment un ou deux doigts sur la bouche de la femme (...) C'est là qu'intervient le génie de Léonard de Vinci (...) Inconsciemment, la femme qui suce va prendre le doigt dans sa bouche.

>>Ou trop bourrés ("mais si je band...., regaaaarrrde *plof*"), ou trop machos ("viens là que j'te...") ou trop timides ("je te fais mal ? Tu dis si j'te fais mal, j'appuie pas trop fort ?..." ) ou trop clean ("je ne ferai point ceci ma mie, c'est bien trop sale") ou trop trop trop...

Dans le même genre côté fille : des putes en apprentissage ("je peux m'entrainer à mettre une capote sur toi ?"), des psy ("ma soeur pense que je ne suis pas prête"), des bouts de viande ("fais pas attention à moi, continue"), des nostalgiques ("avec mon ex on le faisait jamais pendant la journée!"), des femmes-enfants ("alors avant je te présente à mes peluches préférées: ça c'est trigrus ma peluche géante"), des parano ("t'es sûr que la porte est fermée à clef (refrain)", des bruiteuses (imaginez les sons des ébats (bucco)épidermiques exacerbés), des pochettes-surprises ("attends ça me gratte"). Devant ça, c'est salutaire pour un mec de faire semblant d'être murgé.

tsuki_c (Fanatique) ·  27 juin 2005, 19:39

ah ah merci Khaos de permettre à certains de s'instruirent sur le sujet !!!!

je rejoins e-Idole y en a qui en ont vraiment besoin de ces leçons particulières !!! et malheureusement je crois qu'ils sont assez nombreux ! ;-)

e-Idole (Ami) ·  27 juin 2005, 22:15

>> des putes en apprentissage ("je peux m'entrainer à mettre une capote sur toi ?"), ..., des pochettes-surprises ("attends ça me gratte")

Ahahaha :p
Bon ça me rassure, je me reconnais pas là-dedans (par contre j'avoue qu'à chaque ligne que je lisais dans ces "anti-touts féminins" j'avais peur de m'y retrouver...
Ca va mieux maintenant du coup, ouf :)

>> des bouts de viande ("fais pas attention à moi, continue")

Elle, c'est clair, elle doit adorer faire l'amour...

>> des psy ("ma soeur pense que je ne suis pas prête")

+10 pour celle-là :'D

Cyric (Habitué) ·  28 juin 2005, 00:07

>> Bon ça me rassure, je me reconnais pas là-dedans (par contre j'avoue qu'à chaque ligne que je lisais dans ces "anti-touts féminins" j'avais peur de m'y retrouver...

Tu avais peur que je dise quoi ?..^^

e-Idole (Ami) ·  28 juin 2005, 00:31

Ben rien de particulier, j'avais simplement peur de me retrouver dans une de ces catégories :)

T'es un filou Cyric :p

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  28 juin 2005, 09:00

Je pencherais pour la catégorie de celles qui aiment le faire en musique.

J'ai bon ?

Mitzuko (Passant) ·  28 juin 2005, 12:00

Eh ben, j'en avais jamais vu un manuel comme ça sur l'amour ! Tiens, je vais le montrer à ma copine, elle va être contente :D ! Respect pour l'auteur !

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  28 juin 2005, 12:06

Sur le site, vous trouverez aussi un extrait très instructif sur "Comment avoir l'air à l'aise dans un ascenseur"

kokingwada (Actif) ·  28 juin 2005, 17:51

Voilà une belle prose que bien entendu j'applique à chaque fois voire plusieurs fois (nymphomanie oblige!!! oui on peut être nymphomane sans pour autant négliger la qualité même si un coup vite fait est agréable même pour ces dames qui parfois demandent)

Bref tout à fait ok avec e-Idole (non Mitzuko il n'y a pas anguille sous roche) et Khaos Farbauti Ibn Oblivion (pfff j'ai une copine qu'il faut que je te présente elle s'appelle Supercalifragilistisexpialidocious ;-) Mais pour le doigt sur les lèvres.... attention nombre de femmes n'aiment pas "gouter" leur propre sécrétion (comme beaucoup voire totalité d'hommes n'embrasseraient pas une fille qui pourtant à, pour faire plaisir ou par plaisir, reçu un épais témoignage de jouissance dans la bouche) je vois bien vos grimaces messieurs ....!!!

PhJ (Passant) ·  01 juillet 2005, 11:04

Content que ça vous ait plu, m'sieurs dames. Dans le prochain, je fais la version "filles" (bonne idée), promis. Et merci Khaos Farbauti Ibn Oblivion (c'est beau) d'avoir pensé à faire profiter les jeunes générations de ces constatations et préceptes aussi ancestraux qu'intemporels.

Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  01 juillet 2005, 11:08

Merci à vous d'avoir produit ce texte (et d'autres, d'ailleurs je vais devoir faire une commande au libraire...) et surtout merci de me faire l'honneur d'une apparition sur mon humble blog.

e-Idole (Ami) ·  02 juillet 2005, 03:32

J'attends la version "filles" avec impatience PhJ :)

Mogore (Passant) ·  09 octobre 2005, 16:02

Bravo pour avoir déniché ce texte, qui est bien écrit (oui j'ai ri) et pas très éloigné de la vérité.

KannTo (Fanatique) ·  13 septembre 2006, 15:23

Merci au chercheur lubrique de google, je marque ce bilet pour lecture ultérieure (j'en reviens pas, il y a encore des textes que je n'ai pas lues dans ce blog !)

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