Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

Vie publique

Rien

Il est certains jours particuliers où, malgré la vitalité ambiante nourrie aux hormones de synthèse et au soja plus ou moins naturel, je suis pris d'un grand néant émotionnel.

Sans doute faut-il voir là un point d'équilibre entre les aspects contradictoires de ma philosophie, forcement provisoire mais néanmoins anesthésiant, me projetant inopinément au milieu d'une mer de la tranquillité. Ne me reste plus qu'à observer bovinement, au loin, les remous se situant en dehors de mon oeil du cyclone.

Car lorsque la neutralité frappe, rien n'arrive à m'en extraire. Ni l'affligeante banalité de la bêtise humaine, cristallisée sur le constitution européenne sur laquelle tout le monde à un avis, généralement emprunté à quelqu'un d'autre, permettant de briller dans le dner mondains de manière plus efficace que la dernière blague de toto, ni les tentatives louables, mais néanmoins apathique, d'une génération Creutzfeld-Jacob qui a troqué la beauté d'une mise à mort verbale pour des phrases pseudo-caustiques, prêtes à l'emploi et réutilisables, certifiées Brice, ne sont à même d'éveiller cette lueur dans les yeux, bien connue de mes compagnons de festivité.

Non vraiment l'expérience de la paix n'est pas des plus intéressante à vivre. Raison pour laquelle, je la préfère pour les autres. Pratchett énonce qu'une puissante malédiction réside dans la phrase "Puisses-tu vivre des moments intéressants", celle contenue dans la phrase "Puisses-tu être en paix" me semble bien plus terrible.

Mais je suis confiant, l'accalmie n'est que passagère et bientôt une vague d'émotion viendra rétablir les courants fondamentaux qui m'animent. Le monde étant sur ce point d'une efficacité redoutable.

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