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Le blog de Khaos Farbauti Ibn Oblivion. Une vision du monde cynique et poétique.

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3, le tigre, chapitre VI (fin)

3.jpgUne importante détonation fit soudain trembler le bâtiment. Elle semblait provenir du hall principal. Visiblement elle ne surprit qu'à peine Simon qui dégaina son arme d'un geste sûr.

L'air grave, il fit un signe de tête à Blake. Ce dernier s'empressa de saisir sa nouvelle dague tandis que le moine messager ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait.

"L'Autre est ici, déclara le Grand Maître. Soyez digne des enseignements de l'Ordre."

Sur ces mots, les trois hommes entreprirent de rejoindre l'entrée principale du monastère.

D'après les souvenirs de Blake, une trentaine de frères était présent dans le monastère, la plupart d'entre eux se trouvant à cette heure en salle d’entraînement ou dans la bibliothèque.
Les deux salles étant attenantes au hall principal, ils devraient tous avoir atteint les lieux de l'explosion avant le Grand Maître, frère... "Mickaël" se souvint-il, et lui-même.

Alors qu'ils traversaient les couloirs, une odeur de poudre et de fumée commença à se faire sentir. Ainsi que les bruits métalliques typiques de combats à l'arme blanche.
Mickaël redoubla de vitesse pour rejoindre les autres moines et Blake s’apprêtait à en faire autant lorsqu'il remarqua du coin de l’œil que le Grand Maître Simon semblait au contraire ralentir.

"Inutile de se jeter au beau milieu d'un champs de bataille, se morigéna Blake, il est bien plus efficace de jauger une situation avant plutôt qu'au cœur de la mêlée."

Il ne tenait pas cette leçon de Simon mais nul doute que le Grand Maître la connaissait également... Et qu'il l'avait sans doute déjà mise en pratique à plusieurs occasions.
Blake laissa donc Mickaël disparaître au détour d'un couloir et tenta de contrôler son adrénaline pour laisser parler son entraînement guerrier.

Quelques instants plus tard, Simon et Blake parvinrent finalement dans le hall d'entrée du monastère.

D'ordinaire, l'entrée du monastère ne possédait rien de bien remarquable. La pièce, bien que relativement large, ne contenait aucune décoration particulière et se contentait de quelques bancs de bois purement fonctionnels. On pouvait y faire tenir un grand nombre de personnes mais rien n'encourageait à rester.

L'Ordre de l'Eguemarine recevaient peu de visiteurs extérieurs au monastère hormis les autres délégations de l'Ordre et les rares membres de la famille Catherine.

Seul l'immense porte en bois ouvragée et rehaussée de fer aurait pu intéresser les curieux par ses motifs celtiques anciens apparemment incongrus sur le sol américain.
Il était toutefois trop tard pour l'étudier avec attention puisqu'elle était désormais éparpillée à travers toute la pièce, brisée par l'explosion.

A la grande horreur de Blake, le sol était également recouvert de nombreux corps.

Certains moines s'étaient manifestement trouvé sur place au moment de l'explosion et gisaient, carbonisés, au pied du mur opposé. Mais de nombreux autres avaient été frappés avec sauvagerie.
Le ventre ou la gorge ouverte, les membres parfois détachés du corps, la plupart des moines étaient morts l'arme à la main. Y compris ceux qui possédaient une arme en argent béni.
A quelques mètres à peine de Blake se trouvait le corps de Mickaël. Sa tête, elle, n'était visible nul part.

Regroupés, dos à dos, trois moines se tenaient debout au centre de la pièce, aussi couverts que sang que l'étaient leur compagnons morts. Ils guettaient attentivement tous les cadavres avec une lueur folle dans le regard.

Lorsque Blake et Simon entrèrent dans la pièce, deux des moines se tournèrent immédiatement vers eux en sursaut.
Le troisième posa alors négligemment une main sur la tête de chacun de ses camarades et les fracassa l'une contre l'autre. Les boites crâniennes volèrent en éclat.

La chose sembla l'amuser beaucoup car il éclata de rire. Puis il s'adressa à Simon : "Tiens mais ne seriez-vous pas le Grand M..."

Un balle en argent fichée entre les deux yeux stoppa net sa déclaration.

"On ne discute pas avec l'Autre", dit Simon d'un ton professoral. Puis il tira deux nouvelles balles bénies par Phœnix sur le moine qui s'effondra finalement sur le sol, sans vie.

Il braqua alors son arme encore fumante sur la nuque de Blake.

"L'Autre ne peut quitter qu'un corps qui meurt et il ne peux posséder qu'un corps qui vit." continua-t-il sur le même ton.

Blake se figea, comprenant soudain où le Grand Maître voulait en venir : Il n'y avait plus aucun corps en vie dans cette pièce, plus aucun hôte possible pour l'Autre... excepté lui et Simon.

"Es-tu prêt à ce sacrifice ?" demanda Simon en chuchotant d'une voix étrange, comme s'il ne s'adressait pas vraiment à Blake.
Puis, comme s'il avait obtenu la réponse à sa question, il retourna son arme contre lui-même et appuya sur la détente.

Alors le monde devint noir et Blake sentit une immense bête s'abattre sur lui en rugissant.

FIN DU LIVRE II : "Le Tigre"

Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Auteur: Khaos Farbauti Ibn Oblivion

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Solita Solita (Ami) ·  08 mars 2012, 20:03

Est-ce que tu publies? J'avoue que j'aimerais bien relire d'un seul tenant et sur du papier.

Khaos Farbauti Ibn Oblivion Khaos Farbauti Ibn Oblivion (Toujours là) ·  09 mars 2012, 10:07

Une partie de mes écrits a été publié en 1 unique exemplaire qui trône fièrement dans ma bibliothèque ;)

Mais clairement, quand j'aurais fini d'écrire "3" (il me reste tout le livre III à écrire), je pense que je publierais tout ça en version papier (et, j'espère, avec un grand nombre de tirage ;) )

Solita Solita (Ami) ·  09 mars 2012, 19:24

Je patienterai alors :)

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