La chose n'étant pas fréquente dans l'établissement, il m'est possible de faire ce que peu de mes collègues peuvent se permettre : rêvasser en regardant le ciel, les nuages, les oiseaux et les mini-jupes.
Ajoutons à cela mon "bureau" actuel, qui représente un bon 30m2 avec écran géant, table familiale et fauteuils en cuir et vous comprendrez aisément à quel point le rêve peut être profond et facile.

Or c'est donc en ces heures difficiles précédant de peu l'assoupissement généralisé et suivant de guère plus l'assimilation de protéines animales diverses et avariées, que m'est venu une nouvelle révélation.

Encore une. Il faut croire que les maints éclairs électro-statique que ne cesse de m'envoyer mon nouveau moyen de transport (certes moins artistiquement post-moderne mais néanmoins en état de marche) entretiennent un bouillonnement neuronal, créant ainsi un milieu propice aux foisonnement d'idées.

C'est donc en pleine méditation assis sur une peau de bête de variété indéterminé mais très certainement tannée avec amour et douleur (selon le point de vue des participants à l'opération) qu'une analogie m'est apparu entre la Vie et le Barbecue.

Poignante métaphore que l'on pourrait détailler comme suit :
L'homme est une entrecôte. Avachi sur la grille de la vie, il impose sa présence par sa masse. Il sait par ailleurs être saignant si cela devient nécessaire.
La femme est une merguez. Innocente lorsqu'elle est allongée, elle devient piquante lorsque vous l'approchez de votre bouche. Elle possède aussi ce pouvoir singulier de donner envie d'elle tout en infligeant sans remord de terrible brûlures à tous ceux qui souhaite l'avoir entièrement.
Globalement la saucisse représente l'idéal. La combinaison parfaite entre les deux opposés que sont l'entrecôte et la merguez. Un recueil des qualités de chacun.

On peut donc dire que l'homme doit atteindre la perfection en transformant un corps peu harmonieux en ce modèle d'esthétisme qu'est la saucisse. élancée, aéro-dynamique, bref en un mot sportive. Car comme tout un chacun, ou plutôt chacune, le sait, il n'est pas de plus grande perfection qu'un corps beau, la matière grise n'étant qu'un accessoire dans le meilleur des cas mal utilisé et dans la plupart des cas inutilisable.

Et par un juste retour des choses, il apparaît logique de dire que la femme, elle aussi, pour atteindre la perfection, a besoin de saucisses.